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23 août 2021

Mot du président : c’est à votre tour !

Nous y sommes : après plus de quinze ans d’attente, la Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires est à portée de main. La conversation nationale, qui prépare le terrain pour l’adoption de cette vision globale et partagée, bat son plein. Je vous invite à lire le dossier de ce numéro d’Urbanité qui revient, entre autres, sur l’historique de la démarche en cours, afin de mesurer le chemin accompli.

La démarche est ambitieuse, mais nous sommes confiants qu’elle nous permettra collectivement de faire mieux en matière d’aménagement. L’Ordre s’implique sur plusieurs plans, y compris auprès du gouvernement. Ne boudons pas notre plaisir, mais restons vigilants : il faut que la Stratégie fasse évoluer en profondeur notre rapport au territoire, qu’elle ait le potentiel de renverser de lourdes tendances et de juguler les incohérences.

Nous n’avons pas le choix : la future Stratégie devra permettre de répondre aux défis que posent la crise climatique. Nous devons dès maintenant nous doter d’un plan clair pour que nos interventions sur le territoire soient pérennes et durables. Le territoire et les communautés qui y habitent méritent qu’on prenne soin d’eux.

Cette démarche historique est également une occasion à saisir pour poursuivre le nécessaire processus de réconciliation avec les peuples autochtones. À l’évidence, le territoire est à la fois un lieu de rencontre et un lieu de friction. Nous avons une responsabilité à l’endroit des Premières nations. Au-delà du devoir de mémoire et de la nécessité d’un espace de dialogue respectueux, nous aurions aussi intérêt à écouter leur conception du territoire, de ses ressources et de la manière de l’habiter, au sens large, et ce, même si ces communautés ont évidemment des approches plurielles. La future Stratégie doit servir de pont ; elle doit servir de tremplin à un réel rapprochement entre nos communautés respectives.

Des avis attendus

De notre côté, nous avions aussi l’objectif d’écouter ce que les urbanistes ont à dire. C’est ainsi qu’au mois de juin, cinq midis-causeries ont été organisés avec l’Institut du Nouveau Monde, complétés par une vaste consultation en ligne sur la plateforme Cocoriko. En plus de recueillir vos avis et vos idées sur certains points, il s’agissait d’offrir à nos membres un espace d’échanges et de réflexion.

Car la prochaine étape est cruciale : la consultation publique que mène le gouvernement est l’occasion de vous faire entendre. Vous êtes en première ligne. La connaissance de vos milieux et de la réglementation urbanistique font de vous des acteurs essentiels pour la suite de la conversation. Bien sûr, l’Ordre présentera un mémoire, qui s’appuiera sur sa mission de protection du public. Mais votre point de vue est essentiel et complémentaire, que ce soit votre opinion d’urbaniste ou celle de l’organisation dans laquelle vous œuvrez.

Les documents et modalités de la consultation publique sont maintenant accessibles sur le site web du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. N’hésitez pas à vous faire entendre. Nous demeurons à votre disposition si vous avez des questions en cours de route.

Rôle renforcé

Votre mobilisation est d’autant plus importante que le rôle que devraient jouer les professionnels de l’aménagement est un sujet en filigrane de toute cette conversation nationale. Les discussions des derniers mois, tant au sein du comité consultatif qu’avec les représentants du gouvernement, ont en effet mis en exergue sa nécessaire redéfinition.

Une meilleure reconnaissance des expertises semble à la fois logique et inévitable, ainsi qu’une réflexion sur le partage des rôles entre ins-tances et entre fonctions. L’aménagement est un geste politique, mais sa planification doit, plus que jamais, reposer sur l’expertise des professionnels de l’aménagement, toutes disciplines confondues.

Les enjeux environnementaux et sociaux sont en effet de plus en plus complexes. Et les attentes des citoyens et des citoyennes sont de plus en plus grandes. Ceux-ci s’attendent notamment à ce que l’État agisse de manière exemplaire et cohérente afin d’entraîner dans son sillage les municipalités, les acteurs économiques et les particuliers.

La conversation en cours et l’adoption de la Stratégie, prévue en 2022, ne sont que les premières étapes d’un processus qui devra se poursuivre. Des chantiers législatifs et réglementaires qui en découlent s’ouvriront ensuite. Là encore, il faudra être au rendez-vous.

Le président,
Sylvain Gariépy, urbaniste

 

Pour consulter le plus récent numéro du magazine Urbanité portant sur la future Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires, c’est par ici.

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