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2 septembre 2025

Élections municipales 2025

Urbanisme local, transitions globales 

Les 6 priorités en urbanisme pour les élections municipales 2025
selon l’Ordre des urbanistes du Québec
 

Plus de 1100 villes et municipalités jalonnent le territoire québécois. Qu’elles soient rurales, urbaines ou suburbaines, elles partagent toutes des enjeux communs : étalement urbain, crise du logement, îlots de chaleur, inondations récurrentes, vieillissement des infrastructures, etc.  

Face à la nécessité d’une transition socio-écologique, l’urbanisme à l’échelle municipale est en première ligne pour améliorer durablement la qualité des milieux de vie et renforcer la résilience des collectivités face aux crises actuelles et à venir. 

Un cadre de réflexion destiné autant aux citoyen·nes qu’aux candidat·es aux élections municipales 

Le 2 novembre prochain, les Québécois·es se rendront aux urnes pour élire leurs représentants municipaux. Dans les semaines qui précèdent ce scrutin, les candidat.es à travers le Québec présenteront leur vision et leurs engagements pour l’avenir de nos collectivités. 

Afin d’outiller les citoyen·nes dans leur réflexion et d’inspirer les futures administrations municipales, l’Ordre propose un outil d’analyse articulée autour de six priorités, chacune déclinée en trois mesures concrètes. 

L’objectif est de fournir un cadre de réflexion qui permette d’évaluer les propositions sous l’angle urbanistique. Ce cadre constitue autant de repères pour poser les bonnes questions aux candidat.es, décortiquer les programmes électoraux et, ultimement, faire un choix éclairé et orienté en faveur d’un milieu de vie durable, juste et résilient. 

1- Sobriété foncière : mieux bâtir sans étendre la ville  

Le territoire est une ressource limitée et non renouvelable. L’enjeu est de renforcer la vitalité de nos cœurs de villes et de villages en optimisant l’usage du sol déjà bâti, afin de préserver les terres agricoles et les milieux naturels qui définissent nos paysages et assurent notre subsistance. 

    • Encourager l’actualisation des plans et règlements d’urbanisme pour faciliter la densification et freiner l’étalement urbain;
    • Mettre en œuvre une densification intelligente, encadrée et adaptée aux contextes locaux afin de consolider les centralités; 
    • Faire de la consolidation des centralités un levier transversal de développement économique, de cohésion sociale, de transition écologique et d’identité territoriale. 
2- Logement : un droit fondamental au cœur des responsabilités municipales 

Garantir l’accès à un logement abordable et de qualité est une condition essentielle à la vitalité de nos communautés. Face à la crise actuelle du logement et de l’itinérance, les municipalités doivent intégrer l’habitation au cœur de leur planification et soutenir des projets adaptés aux besoins de tous·tes.  

    • Encourager l’actualisation des plans et règlements d’urbanisme pour faciliter la production de nouveaux logements dans les secteurs déjà urbanisés; 
    • Soutenir les OBNL en habitation pour accroître le nombre de logements sociaux et communautaires; 
    • Accélérer la mise à niveau des infrastructures en eau pour soutenir la densification. 
3- Mobilité durable et sécurité routière : freiner la vitesse, accélérer les transitions 

L’urbanisme vise à concevoir l’espace public comme un bien commun dont l’usage doit être équitable et sécuritaire pour tous. Elle implique de repenser la conception de nos milieux de vie pour qu’ils favorisent l’adoption de modes de transport plus durables, réduisant ainsi la dépendance à l’automobile. L’objectif est de bâtir des communautés à échelle humaine, où la liberté de se déplacer n’est pas conditionnelle à la possession d’un véhicule.  

    • Accélérer l’adoption de modes de transport plus durables (transport en commun, marche, vélo) dans les nouveaux plans et règlements d’urbanisme; 
    • Rééquilibrer le partage de l’espace public au profit des usager·ère·s les plus vulnérables; 
    • Sécuriser les routes et les rues pour tous·tes. 
4- Urgence climatique : réconcilier la ville avec la nature   

Les villes font face à des défis croissants liés au dérèglement climatique. Pour s’adapter, les municipalités doivent intégrer la nature au cœur du développement urbain. Une ville plus verte est aussi une ville plus saine et résiliente. 

    • Aménager des infrastructures vertes et bleues pour renforcer la résilience face au dérèglement climatique; 
    • Encourager le verdissement et la déminéralisation des espaces publics; 
    • Protéger et mettre en valeur les paysages et les milieux naturels, et faciliter leur accès à la population. 
5- Patrimoine : faire avec l’existant, construire l’avenir autrement 

Le patrimoine sous toutes ses formes est un pilier de l’identité territoriale. Planifier pour l’avenir, implique de reconnaître et valoriser les patrimoines, de tirer parti du cadre bâti existant, et de soutenir la transformation des lieux. 

    • Prioriser le recyclage, l’occupation transitoire et la mise en valeur des bâtiments existants; 
    • Identifier, reconnaître et protéger les éléments d’intérêt patrimonial; 
    • Faire du territoire un bien commun et vivant à valoriser en reconnaissant la pluralité des patrimoines — bâti, paysager, culturel, immatériel, etc. 
6- Participation publique : la ville appartient à tous·tes, pas seulement à qui parle le plus fort! 

L’urbanisme est un contrat social. Il exige que les décisions d’aménagement soient prises en toute transparence et rendent compte de l’intérêt collectif. Plutôt que de se limiter à la consultation, il encourage la co-création des milieux de vie, renforçant l’adhésion et le sentiment d’appartenance.  

    • Poursuivre la réconciliation avec les communautés autochtones; 
    • Prendre en compte la diversité des voix dans l’espace public, notamment celles des communautés marginalisées, racisées, 2SLGBTQIA+, des personnes en situation de handicap, etc.; 
    • Renforcer les mécanismes de participation publique pour co-construire les savoirs et favoriser l’adhésion aux transitions en cours. 

 

 

Lexique : 

  • La sobriété foncière est une stratégie d’aménagement qui vise à réduire l’artificialisation des sols et considérer le territoire comme une ressource limitée et précieuse. 
  • L’étalement urbain se traduit par une croissance de la superficie bâtie des villes, combinée à une baisse de la densité de population en périphérie. 
  • La densification intelligente consiste à accroître la densité d’un espace en respectant le milieu d’insertion et la forme urbaine. 
  • La consolidation des centralités est une forme d’urbanisation qui vise à optimiser l’utilisation du territoire en favorisant un tissu urbain plus compact. 
  • Les infrastructures vertes et bleues désignent l’ensemble d’espaces verts, naturels ou semi-naturels, aménagés dans un espace urbain.  
  • La résilience urbaine est la capacité d’une collectivité à s’adapter et à résister aux chocs et aux aléas qui l’affectent (inondations, sécheresses, îlots de chaleur, etc.). 
  • Le patrimoine (au sens culturel) est l’ensemble des ressources culturelles appartenant à une communauté et transmissibles d’une génération à une autre. 
  • L’occupation transitoire consiste à utiliser temporairement un lieu vacant pour y développer un projet et accompagner un changement d’usage. 
  • La participation publique désigne l’implication des citoyen·nes dans des dispositifs formels et régis par des règles claires et équitables. La participation permet d’inclure leurs perspectives dans la prise de décision.  

 

 

 

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